TPE obligatoire en Algérie : quels secteurs sont concernés, et pourquoi maintenant
TPE obligatoire en Algérie : quels secteurs sont concernés, et pourquoi maintenant Un pharmacien reçoit une note l'informant que son officine doit désormais accepter la carte banca...

TPE obligatoire en Algérie : quels secteurs sont concernés, et pourquoi maintenant
Un pharmacien reçoit une note l'informant que son officine doit désormais accepter la carte bancaire. Il n'a jamais eu de terminal de paiement, ses clients ont toujours payé en espèces, et il se demande si c'est vraiment sérieux cette fois , parce que cette obligation, il en entend parler depuis des années sans qu'elle ne concerne concrètement son activité.
Il n'a pas tort d'être sceptique : la généralisation du TPE en Algérie a été annoncée, puis repoussée, à plusieurs reprises depuis son introduction dans les lois de finances à partir de 2018, notamment en raison de l'ampleur logistique et du coût que représente l'équipement de plus d'un million et demi de commerçants à travers le pays. Mais cette fois, le mouvement s'accompagne de chiffres concrets et d'une liste précise de secteurs, ce qui change la donne pour beaucoup d'entreprises.
Les 11 secteurs officiellement concernés
Depuis le début de l'année, onze secteurs d'activité sont visés en priorité par l'obligation d'équipement en terminaux de paiement électronique, selon la liste communiquée par l'Organisation algérienne de protection du consommateur (APOCE) :
- Grandes surfaces et commerces de proximité
- Pharmacies
- Stations-service
- Agences d'assurance
- Agences de tourisme et de voyages
- Grands restaurants
- Commerce en ligne
- Supermarchés
- Hôtels de 3 étoiles et plus
- Magasins d'électroménager de grande taille
- Magasins de vêtements de grande taille
Le point commun entre ces secteurs n'est pas un hasard : ce sont des points de contact où le flux d'argent liquide entre consommateurs et professionnels est particulièrement important, ce qui en fait une priorité logique pour une stratégie de réduction de la dépendance au cash.
Pourquoi cette obligation, et pourquoi maintenant
Trois objectifs reviennent systématiquement dans la communication des autorités et des organismes concernés autour de cette mesure :
- Sécuriser les transactions et limiter les fraudes liées à la manipulation d'espèces.
- Améliorer la transparence fiscale, en facilitant le suivi des flux financiers pour les commerçants comme pour l'administration.
- Diversifier les options de paiement offertes aux consommateurs, avec des transactions plus rapides.
Un point important à retenir, souvent source de confusion : les autorités présentent cette transition comme progressive et accompagnée, avec des campagnes de sensibilisation et de formation destinées aux commerçants, plutôt que comme une bascule brutale du jour au lendemain.
Une infrastructure qui progresse, mais qui reste loin d'être généralisée
Les derniers chiffres publiés par le GIE Monétique donnent une idée concrète de la dynamique en cours : le parc national de terminaux de paiement électronique en service est passé de 68 140 appareils fin 2024 à 78 774 fin 2025, soit une progression de plus de 15 % sur l'année. C'est une croissance réelle et continue.
Mais elle reste largement insuffisante rapportée à la taille du marché : l'Algérie compte plus de 1,65 million de commerçants, entreprises de production et de services inscrits au registre du commerce, ce qui signifie qu'une part encore très minoritaire d'entre eux dispose aujourd'hui d'un terminal de paiement électronique. Le GIE Monétique lui-même reconnaît que cette dynamique doit s'accélérer, en particulier dans les commerces de proximité, considérés comme un maillon essentiel pour ancrer durablement le paiement électronique dans les habitudes quotidiennes.
Un signal supplémentaire : la montée en puissance technique de la SATIM
Ce mouvement de généralisation s'accompagne d'avancées techniques notables du côté de l'infrastructure elle-même. La SATIM a déjà obtenu sa certification auprès de Mastercard, ce qui lui permet de traiter localement les opérations liées à cette compagnie internationale sans passer par des centres de traitement étrangers, et travaille à obtenir une certification équivalente auprès de Visa. Ces certifications élargissent progressivement l'éventail de cartes que les commerçants algériens équipés pourront accepter, au-delà du seul système CIB/Edahabia.
Ce que ça implique concrètement pour les entreprises concernées
Pour un commerce qui relève de l'un de ces onze secteurs et qui n'est pas encore équipé, quatre étapes reviennent systématiquement dans les recommandations des organismes accompagnant cette transition :
- Choisir un terminal adapté à son activité (volume de transactions attendu, mobilité nécessaire ou non, intégration avec une caisse existante).
- S'assurer de disposer d'un compte bancaire opérationnel, condition indispensable pour recevoir les fonds des transactions électroniques.
- Suivre les formations proposées par les organismes officiels ou associations professionnelles, pour intégrer sereinement l'outil dans le quotidien de l'activité.
- Préparer le personnel en contact avec la clientèle, pour que le passage au paiement électronique se fasse sans friction visible pour le client final.
Et si un terminal physique n'est pas la solution la plus adaptée ?
Pour beaucoup de petites structures visées par cette obligation , un indépendant, une petite pharmacie de quartier, une agence de voyage sans comptoir de vente fixe , acheter et installer un terminal physique peut représenter un coût et une démarche disproportionnés par rapport à leur volume d'activité. Une alternative existe : le TPE virtuel, qui transforme un simple smartphone en terminal de paiement, sans matériel à acheter ni délai d'installation. C'est notamment ce que propose mytpe.app , une solution du groupe Guiddini certifiée SATIM et approuvée par le GIE Monétique , la même infrastructure nationale qu'un terminal physique classique, sous une forme plus légère à mettre en place. Nous détaillons son fonctionnement dans notre article dédié au TPE virtuel.
Questions fréquentes sur la généralisation du TPE en Algérie
Tous les commerces algériens sont-ils concernés par cette obligation ? La priorité actuelle porte sur onze secteurs précis où le flux d'argent liquide est particulièrement élevé, mais la stratégie nationale de modernisation des paiements vise à terme une adoption plus large.
Un commerçant sans compte bancaire professionnel peut-il s'équiper d'un TPE ? Non, disposer d'un compte bancaire opérationnel est un prérequis pour recevoir les fonds des transactions effectuées par carte.
Cette obligation a-t-elle déjà été annoncée par le passé ? Oui, elle figure dans les lois de finances depuis 2018 et a été reportée à plusieurs reprises, notamment en raison de l'ampleur logistique que représente l'équipement de l'ensemble des commerçants du pays.
Quelle est la différence entre le TPE physique et le paiement en ligne ? Le TPE physique permet d'accepter la carte bancaire en magasin, au moment de l'achat. Le paiement en ligne répond au même besoin pour les ventes effectuées à distance, via un site web , les deux s'appuient sur la même infrastructure SATIM et GIE Monétique.
Votre activité fait partie des secteurs concernés et vous cherchez une solution de paiement électronique, en boutique ou en ligne ? Contactez notre équipe pour en discuter.


